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Johann Sebastian beneath the sign of the cross (scroll down for a succinct English version)

Prenez un Musée de France décidé à proposer un nouveau regard sur l’art religieux …

Prenez des mélomanes capables de prêter une attention sans faille au programme exigeant proposé …

Prenez une grande claveciniste tout entière habitée par une lecture nouvelle d’un chef d’œuvre absolu … 

Ce plat remarquable se dégustait le vendredi 2 mai au Musée du Hiéron de Paray-le-Monial (Bourgogne du Sud), se situant comme une annonce de l’exposition « Divines Joailleries » qui s’articulera à partir du 14 juin autour de la Via Vitae (Trésor National) de Joseph Chaumet.

P1010963 MARTHA COOK 630Sur un excellent clavecin, copie d’un instrument flamand du XVIIe siècle, Martha Cook interprétait et présentait un programme amenant les auditeurs à une écoute approfondie de L’Art de la Fugue de Jean-Sébastien Bach.  Quelques compositeurs l’ayant précédé ou influencé (Froberger, Kuhnau, Böhm …) amenaient de larges extraits de L’Art de la Fugue en deuxième partie.  

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Excellente interprète, Martha Cook est également musicologue et a su situer dans l’esprit de son temps cette œuvre majeure trop souvent retenue comme un pur exercice de la virtuosité technique d’un compositeur hors pair.  En réalité, cette partition que l’on a pu appeler « un adieu au monde terrestre » est imprégnée d’une pensée lumineuse d’espérance facilement ignorée ou négligée par les interprètes.  Lors de ce concert le silence et l’attention extrêmes des auditeurs firent place aux plus chaleureux applaudissements.

Après le concert on pouvait admirer les chefs-d’œuvre du Musée du Hiéron et tout particulièrement celui de Joseph Chaumet, commenté par la philosophe et guide-conférencière Michèle Simonin. 

La riche collaboration des Amis de l’Orgue de Charolles et du Musée du Hiéron était dans sa quatrième édition.  Les auditeurs ont beaucoup apprécié la grande salle de la Rotonde, cadre parfait pour cette musique intime et rayonnante.   

Nota :  une étude de Martha Cook traitant de ces aspects de L’Art de la Fugue paraîtra chez Fayard d’ici quelques mois …  Avis !

Ingredients :

A National Museum determined to promote a new approach to religious art …

An audience capable of lending a perfectly attentive ear to a demanding programme …

An excellent harpsichordist completely possessed by discoveries made in the course of a ten-year scrutiny of an absolute masterpiece … 

This remarkable dish was on the menu at the concert given on 2nd May at the Musée du Hiéron in Paray-le-Monial (South Burgundy).  In addition to its own intrinsic interest, it could  be seen as a prelude to the 2014 exhibition « Divines Joailleries » (the Via Vitae and other works by J. Chaumet, due to open on 14th June). 

Martha Cook presented and played a programme (with works by composers who had preceded or influenced J.S. Bach :  Froberger, Kuhnau, Böhm) leading to a new vision of the Art of Fugue.  Being not only a superb performer but also a musicologist, she was able to demonstrate forcibly that this masterpiece is by no means a mere technical exploit (it is alas frequently regarded as such …), but is nothing less than Bach’s spiritual testament, an adieu to this earth and an ardent hope for the Kingdom to come. 

N.B.  A study on Bach’s Art of Fugue by Martha Cook will be published towards the end of 2014 by Fayard.