nous avons partagé l’orgue

we shared the organ   (see the English version below)

Samedi 15 septembre :  Journée du Patrimoine à Charolles comme partout en France.  En lien direct avec le thème européen 2018 nous avions annoncé « l’Orgue de Charolles en partage » :  des séquences plutôt classiques (présentation, démonstration, écoute donc) alterneraient avec d’autres, « d’essai ».

Ces essais étaient prévus entièrement modulables :  ils s’adressaient aux personnes pratiquant déjà (dont l’organiste d’une ville voisine) ;  aux « parrains de tuyaux » (dans le cadre de la souscription de mécénat populaire (2013-2015) (notre photo :  un « parrain » qui entend régulièrement son tuyau !  mais qui ne l’avait jamais encore fait sonner *) …

l'orgue de Charolles: Journées du Patrimoine 2018

aux débutants absolus, avec ou sans pratique d’un quelconque clavier.   Je n’oublierai pas le jeune homme trisomique, attiré et fasciné par l’orgue, mais à un tel point qu’il a finalement craint de toucher les claviers lui-même.

C’est ainsi que les personnes pénétrant dans l’église en fin d’après-midi ont découvert une fratrie particulièrement … tonique ! de trois garçons qui découvraient l’instrument.  Des bulles de BD au-dessus des adultes auraient probablement révélé ces pensées :  « le patrimoine … un orgue inestimable … et on laisse des gamins taper dessus °xx !!xx° !!! »

l'orgue de Charolles, Journées du Patrimoine 2018

Je reconnais que ces pensées ont failli être les miennes …   et que je me suis posé la question :  intervenir ?  cadrer ?  être « pédagogue » ?  Mais je me suis abstenue.  Car à l’écoute il était de plus en plus évident que ces garçons, malgré leur production résolument dissonante, ne portaient pas préjudice à l’instrument.  Et que, bien au contraire, ils établissaient avec lui un vrai rapport.  Et c’était précisément l’objectif de notre programme.  Comme m’a dit la maman du trio (enseignante), avec qui j’ai partagé mes impressions :  « Essayer cette mécanique et ces sons, cela les passionne vraiment.  Et ces essais sonores leur permettent de découvrir une résonance en eux, un chemin vers la perception et l’expression de leurs émotions. »

L’un des garçons deviendra-t-il organiste ?  Nous n’en savons rien, et ce n’est pas la question.  Oser établir un vrai contact avec un instrument de musique, voilà par contre ce qui est promesse d’avenir, par l’ouverture d’esprit (et pas simplement d’oreille) qu’il suscite – tant vis-à-vis de la musique que d’une façon infiniment plus large.

Oui, j’ai laissé « taper sur l’orgue ».  Je persiste …  et signe !

  •  P.S.  pour les geeks qui remarqueront que cette photo n’a pas été prise pendant les Journées du Patrimoine:  l’objectif de mon mari étant sale, nous avons recommencé une séance photo …  deux bons mois après!

 

we shared the organ   

Saturday, 15th September :  it was « Heritage Day » everywhere in France.  The European theme for this year being « Heritage is for sharing » we had advertized « Sharing the Charolles Organ ».  This meant not just the usual sort of listening :  demonstrations, explanations, but also other, « hands-on », sequences.

There was no pre-defined plan behind these « hands-on » sequences.  They were for :  people who already had some experience (such as an organist in a near-by town) ;  sponsors of pipes (private donations were called for between 2013 and 2015 and many people were keen to contribute) (in the photo, a sponsor who regularly hears his pipe but had not yet taken time to play it himself) ;  absolute beginners, with or without experience of any keyboard whatever.  I’ll always remember the young man with Down’s syndrome who was so incredibly moved that I could not bring him to touch the keys himself.

And this is why people entering the church late in the afternoon came across three brothers who were getting acquainted with the organ in a particularly …  dynamic way.  I suppose that had there been comic-strip speech bubbles above the adult visitors we might have read :  « heritage …  a fabulous organ …  and they let kids bash away on it °xx !!xx° !!! »

Now I admit that these thoughts could very easily have been my own …  and that I did wonder about stepping in.  Should I use my (considerable) pedagogical skills  to direct their energy ?  But I didn’t.  As I listened it was increasingly clear that these boys, despite the remarkably dissonant sounds they were producing, were doing no harm whatever to the organ, and that they were in fact establishing a relationship with it.  Which was exactly the point of the whole programme.  As the mother of the trio (a primary school-teacher) said when I shared my thoughts with her : « They are really keen to explore all the sounds and all the mecanical bits and pieces.  And trying out all these sounds opens the way to becoming aware of their own emotions and expressing them.  »

Will one of those boys become an organist ?  There’s no knowing, and besides, that’s not the question.  What is really important is that they were able to establish genuine contact with a musical instrument :  such contact opens the mind (and not just the ears) – it is a promise of marvellous things to come, not just music but ever so much else.

Yes, I let them « bash away on the organ ».  And I’ll do it again !

 

Publicités